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Facebook discute avec la CFTC pour son projet de crypto-monnaie, des obstacles se profilent

Avatar Frédéric Jean | il y a 7 mois
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D’après les informations révélées par le Financial Times au cours du weekend, Facebook a entamé une discussion avec la Commodity and Futures Trading Commission (CFTC) des États-Unis au sujet de l’initiative du projet de crypto-monnaie du géant des médias sociaux.

Selon un rapport du Financial Times de dimanche, le président de la CFTC, Christopher Giancarlo, a déclaré que l’agence a tenu « très tôt des conversations » avec Facebook. L’objectif était de mieux comprendre si la crypto-monnaie stablecoin de l’entreprise pouvait potentiellement relever du mandat réglementaire de la CFTC.

« Nous sommes très intéressés à mieux le comprendre « , a déclaré Giancarlo dans le rapport. « On ne peut agir que sur une demande, on n’a rien devant nous. »

La nouvelle intervient peu après d’autres révélations selon lesquelles Facebook a également tenu des discussions avec des représentants gouvernementaux aux États-Unis et au Royaume-Uni pour discuter des possibilités et des questions de réglementation concernant sa crypto-monnaie qui devrait prendre le nom de GlobalCoin.

M. Giancarlo a ajouté qu’il est trop tôt actuellement pour dire si la GlobalCoin de Facebook pourrait relever de la compétence de la CFTC, mais que si la crypto-monnaie pouvait être garantie par le dollar américain, il y aurait moins de demande pour les dérivés liés à cette monnaie.

« C’est très malin », a dit Giancarlo à propos de ce modèle. Toutefois, le rapport ajoute que l’un des principaux problèmes de conformité des organismes de réglementation est de savoir si Facebook respectera et mettra en œuvre les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et de connaissance du client, et comment.

Quelques rappels sur le projet de crypto-monnaie de Facebook

Faisant l’objet de rumeurs depuis environ un an, le projet de crypto-monnaie de Facebook semble commencer à prendre forme.

Il s’agira très probablement d’une stable-coin, c’est-à-dire d’une crypto-monnaie adossée à une monnaie fiat, qui servira entres autres à effectuer des transferts d’argents entre utilisateurs de Whatsapp, Messenger et Instagram.

Toutefois, il ne s’agira pas d’une crypto-monnaie fermée à l’écosystème Facebook, puisque l’on sait déjà que le réseau social a entamé des discussions avec des plateformes d’échanges pour qu’elles référencent et permettent d’échanger sa crypto-monnaie, ainsi qu’avec des commerçants en ligne, pour qu’il acceptent les paiements en crypto-monnaie Facebook.

Enfin, selon de récentes informations, la crypto-monnaies devrait commencer à être testée fin 2019 pour un lancement dans certains pays début 2020.

Notos que selon les experts, le projet de crypto-monnaie de Facebook n’est pas étranger à la hausse des crypto-monnaies telles que le Bitcoin ou l’Ethereum ces dernièes semaines. L’ensemble du marché des crypto profite en effet de cette perspective en raison de l’avancement dans la notoriété des crypto-monnaies auprès du grand public que cela représente.

Des obstacles technologiques…

Toutefois, même si Facebook, fort de 2 milliards d’utilisateurs, se trouve dans une excellente position pour lancer une crypto-monnaie, plusieurs obstacles importants demeurent

Certains experts de l’industrie se sont en effet demandé si le réseau de paiements de Facebook, basé sur une blockchain, peut atteindre une échelle concurrentielle et s’il peut traiter les paiements efficacement dans un contexte de croissance potentielle.

« La logistique – combien de [pièces] vont exister, quelles en seront les implications – d’un point de vue global de l’entreprise, est un sujet sur lequel l’entreprise doit réfléchir sérieusement pour définir ce qui serait le plus rentable « , a déclaré Richard Whittle, chercheur en économie à la Manchester Metropolitan University.

…et réglementaires

D’autres soulignent les obstacles réglementaires. Compte tenu des divers scandales que le réseau social a traversé ces dernières années, Facebook ne semble en effet pas prêt à faire face aux niveaux élevés d’examen auxquels il sera confronté.

Par exemple, les entreprises de traitement des paiements ont besoin d’un permis dans la plupart des territoires où elles exercent leurs activités. Or ce processus peut parfois prendre des années.

Aux États-Unis, les organismes de réglementation des valeurs mobilières accordent également une attention accrue aux projets de blockchains.

« Chaque fois que Facebook ou ses concurrents dérivent dans un domaine réglementé, ils s’en vont rapidement, parce que l’idée d’être réglementés et d’opérer selon les mêmes règles que les banques leur ferait perdre leur rentabilité « , a déclaré Richard Crook, ancien responsable des technologies émergentes chez RBS et directeur de Lab577, une start-up fintech.

L’entreprise prévoit de crypter les données financières de l’utilisateur dans la mesure du possible, selon une personne ayant connaissance du projet. Mais ils pourraient avoir besoin de partager certaines données agrégées et identifiables avec les organismes de réglementation et les organismes d’application de la loi, a dit la personne.

Il faut cependant souligner que Facebook a procédé à des recrutements dans le domaine de la conformité. La société a notamment embauché Jeff Cartwright, ancien directeur du risque réglementaire chez Coinbase, la plus importante plateforme d’échange de crypto-monnaies US.

Malgré tout, la route qui mènera au lancement de la crypto-monnaie de Facebook, prévu début 2020, semble semée d’embûches…

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