Analyses des crypto-monnaies

Le géant russe de l’énergie Gazprom entre sur le marché des cryptomonnaies

Caroline Dooms | il y a 1 mois
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La branche bancaire suisse du géant russe de l’énergie Gazprom espère proposer une offre de services liés aux cryptomonnaies dans le courant 2019. Résumé et explications.

Partenariat entre Avaloq, METACO et Gazprombank

Logo de GazpromBank. La filiale suisse se lance dans les cryptomonnaies
La filiale suisse de Gazprombank gardera bientôt les Bitcoins (BTC) et autres cryptomonnaies de ses clients.

C’est un communiqué de presse d’Avaloq daté du 6 décembre qui a annoncé ce nouveau partenariat avec Gazprombank (Switzerland) Ltd, la filiale suisse de la banque russe et METACO, entreprise liée à Avaloq et spécialisée dans les solutions de garde de cryptomonnaies.

Le but de ce partenariat est décrit comme suit dans le communiqué :

« L’objectif de ce nouveau produit est de fournir aux banques et aux gestionnaires d’actifs une solution complète pour la gestion de tous les types d’actifs faisant partie des portefeuilles de leurs clients, y compris les crypto-monnaies. »

Aspects pratiques de la nouvelle offre crypto de Gazprombank

A l’heure actuelle, peu d’informations filtrent mais on apprend que cette collaboration entre Avaloq et Gazprombank prendra la forme d’un « accord d’innovation » et s’articulera notamment autour de deux axes :

– Intégrer la solution SILO de METACO dans leur suite de logiciels, Avaloq Banking Suite (SILO permet de gérer ses portefeuilles de devises digitales et de garder ses crypto-devises en toute sécurité).

– Permettre les transferts d’une catégorie d’actifs à une autre de manière simple et rapide (par exemple monnaie fiat vers monnaie digitale).

Au final, Avaloq souhaite gommer toutes les différences entre actifs digitaux et autres types d’actifs afin qu’ils puissent être utilisés et gérés indifféremment depuis une même interface.

Gazprombank en quelques mots

Gazprombank (GPB), la maison-mère de Gazprombank Suisse, est une entreprise publique et la troisième plus grande banque de Russie. Cette banque est détenue à plus de 30% par le géant de l’énergie russe Gazprom.

En 2017, la filiale suisse de Gazprombank a engrangé un profit net légèrement supérieur à 14 millions de francs suisses soit environ 12,5 millions d’euros. On est loin du demi-milliard d’euros de GPB.

Début 2018, la banque a été sanctionnée par l’Autorité des Marchés Financiers Suisse (la FINMA) en raison d’infractions liées à des activités de blanchiment d’argent. Le scandale a éclaté suite à certaines révélations des Panama Papers.

Avaloq, une fintech qui monte

Dans le monde de la fintech, la suisse Avaloq commence tout doucement à se faire un nom. L’entreprise développe une suite de logiciels à destination des banques. Active depuis plusieurs années déjà, Avaloq compte plusieurs grands noms parmi ses clients dont HSBC ou First Abu Dhabi Bank (FAB). Selon leur site internet, plus de 150 banques utilisent déjà la suite de logiciels Avaloq.

D’après les termes du communiqué, il semblerait que l’intégration des devises digitales à la suite d’Avaloq puisse être disponible à terme pour tous les clients de la fintech.

Une sécurité maximale, le sésame pour les investisseurs institutionnels

Pour les petits investisseurs qui achètent du Bitcoin, de l’Ether (ETH), du Ripple (XRP) et consorts, les solutions de garde disponibles sur le marché sont en principe suffisantes. Il faut cependant bien veiller à choisir son portefeuille électronique.

En revanche, pour les investisseurs institutionnels, les montants en jeu sont nettement plus importants et les exigences en matière de sécurité diffèrent. Il est donc normal qu’ils se tournent vers leurs banques pour trouver des solutions. Citigroup notamment a développé les « reçus pour actifs digitaux » (Digital Assets Receipts) et certaines plateformes comme Coinbase (voir notre avis sur Coinbase) proposent déjà des services de garde. Plus récemment, le gestionnaire d’actifs Fidelity a aussi créé une plateforme pour les cryptomonnaies. Il y a fort à parier que ce secteur se développera considérablement dans les années à venir car les tentatives de piratages sont toujours plus sophistiquées.

Position de la Russie et de la Suisse par rapport aux devises digitales

La Russie est toujours en train de définir sa position par rapport aux cryptomonnaies. Une législation a été préparée dans ce sens connue comme la loi sur les « actifs financiers digitaux » mais son approbation a été repoussée à maintes reprises. Aux dernières nouvelles, le projet de loi serait presque reparti a zéro début décembre 2018 et devrait subir des changements majeurs dans les prochains mois.

Le fait que la filiale suisse de la banque du géant de l’énergie Gazprom décide d’adapter son offre pour les investisseurs qui ont acheté des cryptomonnaies démontre bien qu’il y a une demande dans ce sens. La tendance est d’ailleurs mondiale et la concurrence territoriale s’accroît dans le domaine.

Les banques suisses ont perdu quelques plumes en 2018 face à des concurrents comme Malte, le Liechtenstein voire même le Royaume-Uni. Elles militent d’ailleurs fortement pour que la Confédération helvétique mette en place une réglementation souple et adaptée au plus vite. On ne sera pas surpris si la Suisse, qui entend bien conserver sa réputation de place financière, devient comme souvent pionnière dans le domaine.

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