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QuadrigaCX: Un ancien avocat de la plateforme d’échange de crypto-monnaies révèle que le fiasco était prévisible

Avatar Frédéric Jean | il y a 8 mois
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L’histoire de la plateforme d’échange de crypto-monnaies QuadrigaCX, aujourd’hui disparue, a captivé l’ensemble du secteur des crypto-monnaies au cours des derniers mois, avec ses rebondissements tout aussi nombreux qu’étranges, avec au final un récit qui ressemblent davantage à l’intrigue d’un film qu’à un événement réel.

L’ancienne avocate spécialiste des questions réglementaires de QuadrigaCX a évoqué cette semaine le temps passé au service de la plateforme d’échange, décrivant la descente de la société dans une trajectoire «d’anarchie» qui a eu pour résultat que Gerald Cotten – président et fondateur de QuadrigaCX – a licencié tous les employés qu’il considérait comme trop à cheval sur le respect de la loi.

Une brève histoire de l’imbroglio QuadrigaCX

Le fiasco autour de QuadrgiaCX a commencé vers la fin de 2018 lorsque le PDG Gerald Cotten est décédé subitement lors d’un voyage en Inde. Le décès d’un PDG n’est certes généralement pas une raison suffisante pour justifier la déroute d’une plateforme d’échange, sauf que dans ce cas précis, Cotten était la seule personne à avoir accès à plus de 190 millions de dollars de fonds clients stockés sur des cold wallets…

Cela a immédiatement provoqué une onde de choc dans l’industrie des crypto-monnaies. Presque immédiatement après l’annonce de la situation, une foule de rumeurs ont commencé à faire surface, proposant d’étranges théories sur ce qui est réellement arrivé à Cotten. Selon une théorie populaire, la région dans laquelle il est mort était connue pour être une plaque tournante des faux certificats de décès.

Les fonds perdus et d’innombrables victimes ont ensuite amené les organismes de réglementation du Canada – le pays d’origine de QuadrigaCX – à ouvrir une enquête sur la société, ce qui a entraîné de nombreuses vérifications qui n’ont toujours pas permis de découvrir où se trouvaient les fonds perdus.

À chaque nouvelle révélation dans cette affaire, il apparaît de plus en plus que les failles opérationnelles de QuadrigaCX vont bien au-delà du fait que Cotten était le seul à avoir accès aux fonds des utilisateurs. La trajectoire que la société a emprunté et l’a mené à sa fin semble en effet avoir commencé il y a longtemps.

L’ancien avocat de QuadrigaCX raconte tout

Dans un récent article publié sur CoinDesk, Christine Duhaime – une avocate spécialiste des questions réglementaires au Canada qui a été embauchée par la bourse pour une courte période en 2015 – a expliqué que M. Cotten guidait sa société vers une voie précaire bien avant sa mort.

Duhaime a noté que son temps au sein de la société avait pris fin peu après que M. Cotten ait décidé qu’il abandonnait son projet d’introduire sa plateforme d’échange en Bourse, ce qui a immédiatement été suivi par le licenciement de tous les employés qui étaient, selon lui, trop à cheval sur la loi et le respect des réglementations.

“Gerald Cotten a décidé qu’il ne souhaitait plus que QuadrigaCX soit une société cotée en bourse. Ce jour-là, il a licencié les professionnels qui étaient dans son esprit adeptes de «la loi et l’ordre» – le comptable, l’auditeur et moi-même », a-t-elle expliqué.

En outre, après cela, Duhaime explique que Cotten a commencé à gérer la bourse comme si elle n’avait «aucun investisseur, aucun actionnaire, aucun organisme de réglementation à qui rendre des comptes et aucune loi à respecter, pas même en termes de lutte contre le blanchiment d’argent droit ou de droit des contrats. »

Menaces envers le cabinet d’avocats de Duhaim?

Une autre tournure intéressante dans l’histoire s’est produite plus récemment, lorsque la société qui emploie Duhaime s’est retrouvée la cible d’un stratagème d’extorsion de fonds apparu au début des recours en justice des créanciers.

«Ce qui est arrivé, c’est qu’une personne a demandé… de lui fournir des informations privilégiées et confidentielles sur QuadrigaCX, faute de quoi elle nous diffamerait sur les médias sociaux, causerait un tort à notre cabinet et déposerait auprès des forces de l’ordre une fausse plainte au pénal contre notre cabinet d’avocats» a-t-elle expliqué.

Bien que son entreprise n’ait confirmé aucune des informations susmentionnées, Duhaime note que d’autres personnes détenant des informations d’une importance cruciale hésitent maintenant à se faire connaître, craignant d’être également visées.

Alors que le procès et les audits entourant QuadrigaCX persistent, les victimes de l’échange gardent peu d’espoir de récupérer les fonds perdus, et cette histoire va ainsi s’ajouter à la longue liste des « tâches » dans l’histoire des crypto-monnaie, constituant un facteur de plus pour que le grand-public reste à l’écart du marché.

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